← LE BLOG BAROMÈTRE · FOURNISSEUR D'ÉNERGIE · ÉDITION 2 30 AOÛT 2026

EDF sert 23 747 caractères à un robot. Pas un seul ne dit qu'il vend de l'électricité.

Nous avons remesuré le secteur de l'énergie six mois après notre premier relevé, avec un instrument qui compte désormais deux choses au lieu d'une : ce qu'un site fait de ce qu'un site peut faire, et ce qu'un acheteur en obtient. Les deux nombres ne racontent pas la même histoire.

Par Marc, équipe marketing et marché d'Isoligne

Ce relevé est le deuxième du secteur de l'énergie, après celui du 13 août. Il porte sur 24 fournisseurs, contre 12 la première fois, et il mesure une chose de plus.

La première édition rendait une note unique : ce qu'un site donne à lire à une IA, sans exécuter de JavaScript. Cette note existe toujours et elle est bonne : 92 sur 100 en moyenne, de 68 à 99, avec 21 sites sur 24 au dessus de 90. Le secteur est techniquement soigné.

Le second nombre est nouveau, et il change la lecture. Nous posons désormais à chaque marché les questions qui décident réellement d'un contrat, et nous comptons combien trouvent une réponse sur le site. Dix-huit pour cent. Cinq fournisseurs sur vingt-quatre n'en traitent aucune.

Un site à 98 sur 100 qui répond à rien

Le cas est plus parlant qu'une moyenne. Un fournisseur de ce panel obtient 98 sur 100 en note technique. Il sert 99 332 caractères lisibles sans JavaScript, sur des pages qui se distinguent les unes des autres, avec un balisage propre et des robots autorisés. Tout ce qu'on peut demander à un site, il le fait.

Il répond à zéro pour cent des questions d'achat de son marché.

Ces deux nombres sont vrais en même temps, et c'est précisément le sujet. La note technique mesure la qualité de la construction. Elle ne mesure pas si quelqu'un obtient une réponse.

La moitié des questions n'aura jamais de page

Sur ce marché, 50 % des questions qui décident d'un contrat ont une réponse qui dépend du client. Pas parce que l'entreprise se cache : parce que la réponse n'existe pas d'avance.

« Un T3 à Lyon, chauffage électrique, on est deux : ça fait combien par mois ? » Le montant dépend de la consommation annuelle, de la puissance souscrite et de l'option tarifaire, trois chiffres que le client n'a pas sous la main. Aucune page ne portera cette réponse, quelle que soit la refonte, quel que soit le budget.

C'est la moitié du marché, et c'est la moitié qu'aucun projet de refonte ne traite, parce qu'un projet de refonte produit des pages.

Ce qui nous a le plus surpris : les plus gros sont sortis du secteur

Notre outil identifie le métier d'un site à partir de ce que ce site écrit. Il cherche un vocabulaire qu'on ne peut pas employer par hasard : kWh, kVA, compteur Linky, Enedis, GRDF, tarif réglementé, heures creuses, garanties d'origine, propane, biométhane, fournisseur d'électricité.

Nous avons lu six pages d'edf.fr. Elles servent 23 747 caractères de texte propre, menu et pied de page retirés. Sur ces 23 747 caractères, le nombre d'occurrences de ce vocabulaire est de zéro. Pas une fois kWh. Pas une fois Linky. Pas une fois « fournisseur d'électricité ».

Engie fait un peu mieux : 31 856 caractères, et trois occurrences en tout, dont une seule fois « fournisseur d'électricité ».

Nous n'avons donc pas pu les classer dans leur propre secteur. Ils figurent dans nos relevés en « activité non déterminée », aux côtés d'un fabricant de portefeuilles de cryptomonnaie et d'un groupe industriel de gaz. Ce n'est pas une lacune de notre instrument : c'est le constat. Une machine qui lit edf.fr sans exécuter de JavaScript n'y trouve pas l'information qu'EDF vend de l'électricité.

Trois autres fournisseurs connus sont dans le même cas, pour une raison encore plus simple. L'un sert 13 caractères de texte lisible sur l'ensemble des pages lues. Un autre 152. Un troisième 249. Ce sont des applications qui se construisent dans le navigateur : très bien pour un visiteur, entièrement vides pour tout ce qui ne rend pas la page, et les moteurs qui répondent aujourd'hui aux questions d'achat ne rendent pas la page.

Ce que cela fait à la moyenne, et pourquoi nous le disons

Le 92 sur 100 de ce relevé est flatteur, et il faut le savoir pour le lire.

Les sites les plus muets ne sont pas dans la moyenne : ils en sont sortis, parce qu'ils ne disent pas assez pour qu'on identifie leur métier. Le panel des 24 est donc, par construction, celui des fournisseurs qui parlent. Un secteur mesuré sur ceux qui parlent obtient toujours une meilleure note que le secteur réel.

Nous préférons publier ce biais plutôt qu'une moyenne propre. La statistique honnête ici n'est pas 92 : c'est « 92 pour ceux qu'on a pu identifier, et quatre des noms les plus connus du marché n'en font pas partie ».

Un standard vient de naître, et le secteur ne le connaît pas

Le 10 février 2026, le W3C a publié WebMCP : une façon normalisée pour une page de déclarer des fonctions qu'un agent appelle, au lieu de le laisser deviner en lisant du texte. La proposition est signée Microsoft et Google, et elle est en essai grandeur nature dans Chrome depuis mai.

Sur les 24 fournisseurs mesurés, 23 ne déclarent aucun outil, et le vingt-quatrième n'a pas pu être conclu. Ce constat n'entre pas dans la note : reprocher à une entreprise de ne pas avoir adopté une proposition de six mois n'aurait aucun sens. Nous le relevons parce qu'il dit, chez deux fabricants de navigateurs, exactement ce que mesure ce relevé depuis un an : un site a besoin d'exposer des réponses, pas seulement des pages.

Ce que cette étude ne dit pas

Elle ne juge ni les entreprises, ni leurs offres, ni leur service client. Elle mesure ce qu'un programme lit sur leurs pages, à une date donnée, sans exécuter de JavaScript. Un site peut être excellent pour un visiteur humain et illisible pour une machine ; c'est même le cas le plus fréquent de ce panel.

Elle ne dit pas non plus qu'un site mal lu perd des clients aujourd'hui. Elle dit qu'à la question « combien ça me coûterait », l'assistant qui répond à la place du fournisseur le fait sans les chiffres du fournisseur.

Aucun classement nominatif n'est publié dans cette édition. Les 24 sites sont agrégés et anonymes, à l'exception des relevés cités plus haut, qui portent sur des pages publiques et sont reproductibles par quiconque.

Méthode

24 sites identifiés comme fournisseurs d'énergie sur les 70 domaines mesurés au 30 août 2026. Lecture de six pages par site, choisies par intention, sans exécution de JavaScript. Note technique sur cinq axes, barème 2. Texte propre médian par site : 62 962 caractères. Les questions d'achat sont générées par marché, puis confrontées au texte réellement servi ; une question dont la réponse dépend du client est comptée à part et n'entre pas dans la note.

Et sur votre site ?

Le test est gratuit et prend deux minutes.

Nous lisons vos pages comme le fait un robot d'assistant, nous posons les questions de votre marché, et nous vous montrons ce qu'une IA répond à votre place.