Nous mesurons ce qu'un site donne à lire à une machine qui ne rend pas la page, parce que c'est ainsi que les moteurs de réponse travaillent. Sur soixante-dix sites français, la distribution est écrasée d'un côté, et ce qu'on trouve à l'extrémité basse ne ressemble à aucune des explications qu'on attend.
Par Marc, équipe marketing et marché d'Isoligne
Un robot d'assistant qui va chercher une page pendant qu'un utilisateur pose sa question ne fait pas ce que fait un navigateur. Il télécharge le HTML servi par le serveur et il le lit. Il n'exécute pas le JavaScript, il n'attend pas que l'application se construise, il ne clique nulle part. Ce qu'il voit, c'est ce que le serveur a mis dans sa réponse.
Nous avons mesuré cela sur 70 sites français, dans quatre secteurs : assurance, énergie, enseignement supérieur et commerce. Six pages par site, choisies par intention, texte propre, menu et pied de page retirés.
La médiane est de 59 508 caractères. La plupart de ces entreprises publient beaucoup, et lisiblement.
Six sites servent moins de 1 600 caractères. Voici leur relevé, dans l'ordre :
| Secteur | Caractères lus | Pages atteintes | Note technique |
|---|---|---|---|
| Enseignement supérieur | 0 | 1 | 35/100 |
| Énergie | 13 | 1 | 40/100 |
| Énergie | 152 | 1 | 40/100 |
| Voyage | 157 | 1 | 35/100 |
| Énergie | 249 | 1 | 42/100 |
| Assurance | 1 561 | 7 | 31/100 |
Le premier sert zéro caractère. Pas « peu ». Zéro. C'est le site d'une grande école de commerce française, en activité, qui recrute des étudiants et facture des frais de scolarité.
C'est le point que nous voulons faire passer, parce que c'est celui qui coûte le plus cher à comprendre trop tard.
Ouvrez ces six adresses dans un navigateur : elles sont impeccables. Menu animé, images nettes, formulaires qui répondent, parcours fluide. Quelqu'un y a travaillé sérieusement, et le résultat est bon pour un visiteur humain.
Tout leur contenu est calculé dans le navigateur après le chargement. Le serveur envoie une coquille vide et un paquet de JavaScript qui la remplit. C'est une technique parfaitement légitime, largement répandue, et qui n'a longtemps posé aucun problème : Google exécute le JavaScript depuis des années.
Les moteurs de réponse, eux, ne le font pas. Ni ChatGPT, ni Claude, ni Perplexity, ni les robots qui alimentent les résumés d'IA. Ils lisent le HTML servi. Un site entièrement calculé côté navigateur est, pour eux, une page blanche.
Regardez la troisième colonne du tableau. Cinq de ces six sites n'ont rendu qu'une seule page.
Ce n'est pas que nous avons cessé de chercher. C'est qu'il n'y avait rien à suivre. La navigation est en JavaScript : dans le HTML servi, il n'y a pas de liens. Un robot arrive sur l'accueil, n'y trouve aucune adresse interne, et s'arrête là. Le site entier existe, et il est inatteignable.
Le cas de la sixième ligne est différent et vaut d'être distingué : sept pages atteintes, mais 1 561 caractères en tout, soit environ 220 caractères par page. Les liens existent, les pages répondent, et elles sont presque vides. Ce n'est pas une navigation invisible, c'est un contenu absent du HTML.
Jusqu'à cette semaine, notre outil rendait pour ces sites le verdict « activité non déterminée ». C'était exact et c'était mauvais.
Exact, parce que nous identifions le métier d'un site à partir de ce qu'il écrit, et qu'un site qui n'écrit rien ne peut pas être classé. Mauvais, parce que la phrase se lit comme un aveu de faiblesse de notre part, alors que c'est le constat le plus fort de tout le rapport. Nous avions l'air de dire « nous n'avons pas su vous ranger » à des entreprises à qui il fallait dire « une machine ne trouve rien chez vous ».
Ces sites reçoivent désormais leur propre verdict, « rien à lire », avec le nombre exact de caractères relevés. Un diagnostic et une excuse ne doivent pas se ressembler.
Une entreprise dans ce cas n'a pas un problème de contenu : elle a un problème de livraison. Le texte existe, il est écrit, il est validé, il est même souvent bon. Il n'arrive simplement jamais jusqu'à ce qui le lit.
Le correctif ne demande pas de réécrire le site. Il demande que le serveur envoie le contenu dans sa réponse, plutôt que de le faire fabriquer par le navigateur : rendu côté serveur, pré-rendu à la construction, ou une surface servie en parallèle pour ce qui n'exécute pas de JavaScript. Ce sont trois chemins connus, et le troisième est celui que nous construisons.
Elle ne juge ni ces entreprises, ni leurs offres, ni la qualité de leur travail technique. Elle mesure une chose, à une date, sur des pages publiques : ce qu'un programme qui n'exécute pas de JavaScript obtient en les demandant.
Elle ne dit pas non plus que ces six sites perdent des clients aujourd'hui. Elle dit qu'à la question qui décide d'un achat, l'assistant qui répond le fait sans une seule ligne venue d'eux.
Aucune entreprise n'est nommée : les relevés sont donnés par secteur, et ils sont reproductibles par quiconque lit ces pages sans exécuter leur JavaScript.
Nous lisons vos pages comme le fait un robot d'assistant, nous posons les questions de votre marché, et nous vous montrons ce qu'une IA répond à votre place.