Un candidat qui hésite entre trois écoles pose aujourd'hui ses questions à un assistant avant d'ouvrir la moindre brochure. Nous avons mesuré ce que quatorze écoles de commerce françaises lui donnent à lire, et ce qu'il en obtient réellement.
Par Marc, équipe marketing et marché d'Isoligne
Ce relevé est le deuxième du secteur, après celui du 13 août. Il porte sur 14 écoles, contre 11 la première fois, et il mesure une chose que la première édition ne mesurait pas : non plus seulement ce que le site donne à lire, mais ce qu'un candidat en obtient.
Le texte propre médian par site est de 85 680 caractères, lus sur six pages et sans exécuter de JavaScript. C'est le plus élevé des secteurs que nous suivons, devant l'assurance et l'énergie. Ces écoles écrivent beaucoup, et ce qu'elles écrivent arrive jusqu'à une machine.
La note technique moyenne est de 75 sur 100. Le secteur obtient 93 sur 100 sur ce qui se lit sans JavaScript. Une seule école du panel refoule les robots qui vont chercher une page pendant qu'un utilisateur pose sa question, et c'est probablement une décision qu'elle n'a pas prise consciemment.
À chaque école, notre outil génère les six questions que pose réellement quelqu'un qui envisage de candidater, puis va chercher si le texte servi y répond. La composition de ces six questions est imposée par notre méthode, et il faut le dire : trois auxquelles une bonne page peut répondre, trois dont la réponse dépend du candidat lui-même.
Le résultat, lui, est mesuré. Quinze pour cent. Deux écoles sur quatorze n'en traitent aucune. La meilleure atteint 33 %.
Une école du panel sert 154 695 caractères, obtient 86 sur 100, et ne traite aucune des six questions. Cent cinquante-quatre mille caractères de texte lisible, et rien qui réponde à ce qui décide d'une candidature.
Sur les 42 questions dont la réponse dépend du candidat, posées aux quatorze écoles, aucune n'obtient de réponse complète. Six en obtiennent une partielle.
« Avec mon dossier, j'ai mes chances chez vous ? » Aucune page ne portera cette réponse : elle dépend du dossier, de la filière visée et du niveau de la promotion en cours. « Mon BTS me donne droit à quelles équivalences ? » Même chose. « Avec les bourses auxquelles j'ai droit, ça me coûte combien réellement ? » Même chose encore.
Ce sont les questions qui décident, et ce sont exactement celles qu'aucune refonte de site ne traitera, parce qu'une refonte produit des pages.
L'assistant répond quand même. Il produit une estimation à partir de moyennes de forums, de classements et d'articles de presse, encourageante ou décourageante selon ce qu'il a lu, et sans rien connaître du candidat.
C'est cette estimation qui décide si le dossier est déposé. Elle est faite au nom de l'école, elle arrive au moment de la décision, et personne dans l'école ne la verra passer.
Le classement par note technique et le classement par capacité de réponse ne se ressemblent pas. Les deux écoles qui traitent le plus de questions (33 %) servent 48 658 et 47 908 caractères, soit près de deux fois moins que la médiane. Les deux qui n'en traitent aucune en servent 93 413 et 154 695.
Publier davantage ne fait donc pas répondre davantage. C'est même l'inverse dans ce panel, et l'explication tient probablement à la nature du texte : une grande école publie des actualités, des classements obtenus, des portraits d'anciens et des communiqués. Un candidat, lui, veut savoir s'il est admissible et ce que ça coûte.
Le 10 février 2026, le W3C a publié WebMCP, une façon normalisée pour une page de déclarer des fonctions qu'un agent appelle directement. Sur les quatorze écoles, aucune n'en déclare. Ce constat n'entre pas dans la note : la proposition a six mois. Nous le relevons parce que c'est exactement la forme qui porterait les questions dépendant du dossier.
Elle ne juge ni ces écoles, ni leurs programmes, ni la qualité de leur enseignement. Elle mesure ce qu'un programme qui n'exécute pas de JavaScript obtient de leurs pages, à une date donnée, sur six questions générées pour leur marché.
Elle ne dit pas non plus qu'elles perdent des candidats aujourd'hui. Elle dit qu'à la question qui décide d'une candidature, la réponse existe déjà, qu'elle circule, et qu'elle ne vient pas d'elles.
Aucune école n'est nommée : les quatorze sites sont agrégés et anonymes.
14 sites identifiés comme enseignement supérieur parmi les 82 domaines mesurés au 30 août 2026. Lecture de six pages par site, choisies par intention, sans exécution de JavaScript. Note technique sur cinq axes, barème 2, de 0 à 89 sur ce panel. Les questions d'achat sont générées par marché, puis confrontées au texte réellement servi ; une question dont la réponse dépend du candidat est comptée à part et n'entre pas dans la note.
Nous lisons vos pages comme le fait un robot d'assistant, nous posons les questions de votre marché, et nous vous montrons ce qu'une IA répond à votre place.