L'assurance est le secteur le mieux construit que nous ayons mesuré. C'est aussi celui où un acheteur obtient le moins de réponses. Les deux affirmations viennent du même relevé, et ce n'est pas une contradiction.
Par Marc, équipe marketing et marché d'Isoligne
Ce relevé est le deuxième du secteur, après celui du 12 août. Il porte sur 14 acteurs, mutuelles, assureurs et bancassureurs, et il mesure une chose que la première édition ne mesurait pas.
93 sur 100 en moyenne, de 83 à 99, avec dix sites sur quatorze au dessus de 90. C'est la meilleure note des quatre secteurs que nous suivons. Le texte est servi sans JavaScript, les pages se distinguent les unes des autres, les robots de réponse sont autorisés, le balisage est propre. Ce n'est pas un secteur négligent.
Le texte propre médian par site est de 75 665 caractères. Ces entreprises publient beaucoup, et elles publient lisiblement.
Nous posons désormais à chaque marché les questions qui décident réellement d'un achat, puis nous comptons combien trouvent une réponse sur le site. Huit pour cent. Six des quatorze acteurs n'en traitent aucune. Le meilleur du panel atteint 33 %.
Un cas résume le secteur mieux qu'une moyenne. Un assureur de ce panel sert 141 138 caractères lisibles sans JavaScript, obtient 99 sur 100, et répond à zéro pour cent des questions d'achat de son marché. Cent quarante et un mille caractères, et pas une réponse à ce qui fait signer.
Parce que la note technique et la capacité de réponse ne mesurent pas la même chose, et qu'aucune des deux ne remplace l'autre.
La note mesure ce qu'un site fait de ce qu'un site peut faire : servir du texte, distinguer ses pages, laisser entrer les robots, baliser son identité. C'est une mesure de construction, et l'assurance la réussit.
La capacité mesure ce qu'un acheteur obtient. Elle compte tout, y compris ce qui n'est pas corrigible. Et c'est là que le secteur bute.
Sur ce marché, 51 % des questions qui décident d'un contrat ont une réponse qui dépend du client. C'est la part la plus élevée des quatre secteurs mesurés, et ce n'est le défaut de personne.
« J'ai une Renault d'occasion, j'habite à Paris, combien me coûterait une assurance de base incluant le vol ? » Aucune page ne portera jamais cette réponse. Elle dépend du véhicule, de l'adresse, de l'âge du permis, de l'historique. Une page publie d'avance ; cette réponse se calcule à la demande.
Même chose pour « avec mon contrat, cette prothèse est prise en charge à combien ? », pour « je suis travailleur non salarié en Haute-Savoie, quelle formule me correspond ? », pour « au bout de combien de temps suis-je couvert ? ».
Ce sont les questions de l'achat, et ce sont exactement celles qu'un projet de refonte ne traite pas, parce qu'un projet de refonte produit des pages.
L'assistant répond quand même. Il ne dit pas « je ne sais pas » : il produit une estimation à partir de moyennes de forum, de comparateurs et d'articles de presse. Cette estimation est faite au nom de l'assureur, elle est souvent fausse, et personne dans l'entreprise ne la voit passer.
C'est le seul sujet où l'improvisation d'une IA fait des dégâts réels : elle promet une prise en charge, et c'est l'assureur qui répond du refus.
Le 10 février 2026, le W3C a publié WebMCP : une page peut déclarer des fonctions qu'un agent appelle directement, au lieu de le laisser deviner en lisant du texte. La proposition est signée Microsoft et Google, en essai dans Chrome depuis mai.
Un outil calcule là où une page ne peut que publier. C'est la première forme normalisée qui porterait les 51 % ci-dessus. Sur les quatorze acteurs mesurés, sept ne déclarent aucun outil et les sept autres n'ont pas pu être conclus. Ce constat n'entre pas dans la note : une proposition de six mois n'a pas à peser sur un barème.
Elle ne juge ni les entreprises, ni leurs garanties, ni leur service. Elle mesure ce qu'un programme lit sur leurs pages, à une date donnée, sans exécuter de JavaScript. Un site peut être excellent pour un visiteur et illisible pour une machine.
Elle ne dit pas qu'un site mal lu perd des clients aujourd'hui. Elle dit qu'à la question qui décide d'un contrat, l'assistant qui répond à la place de l'assureur le fait sans les chiffres de l'assureur.
Aucun classement nominatif n'est publié dans cette édition : les quatorze sites sont agrégés et anonymes.
14 sites identifiés comme assurance, mutuelle ou banque parmi les 70 domaines mesurés au 30 août 2026. Lecture de six pages par site, choisies par intention, sans exécution de JavaScript. Note technique sur cinq axes, barème 2. Les questions d'achat sont générées par marché, puis confrontées au texte réellement servi ; une question dont la réponse dépend du client est comptée à part et n'entre pas dans la note.
Nous lisons vos pages comme le fait un robot d'assistant, nous posons les questions de votre marché, et nous vous montrons ce qu'une IA répond à votre place.